Le gestionnaire et la Direction

Objectif spécifique

  • Discuter les plus importantes théories de la motivation,
  • Expliquer l’importance de la motivation dans la direction,
  • Définir les notions de pouvoir et de style de commandement,
  • Enumérer les différents types de pouvoir.

Quelques définitions de la direction

Nous pouvons ainsi définir la direction comme,  » un élément qui consiste à pousser (pouvoir et commandement) ou inciter (motivation) les membres d’un groupe pour qu’ils travaillent ensemble et de plein grè à des tâches liées les unes aux autres afin d’atteindre les objectifs fixés. La direction implique alors une influence et une interaction entre le dirigeant et les membres du groupe qu’il dirige « .

Olivier Gélinier (1991) propose un inventaire des tâches de direction générale et met en évidence ainsi l’apport créatif, la nécessité de prendre des décisions complexes et la capacité à conduire des négociations à tous les niveaux.

  • Connaissance des faits: Prévision de l’évolution externe et diagnostic desproblèmes internes.
  • Détermination des buts et des objectifs: (orientations politiques)
  • Organisation des moyens: Programmes et budgets
  • Définition de la structure des responsabilités d’exécution: Communicationdes objectifs et des programmes, délégation, coordination des équipes et groupe de travail.
  • Conduite des Hommes: Choix, perfectionnement, motivation.
  • Contrôle: Mesure et évaluation de l’exécution, actions correctives.

==> On dira alors que l’équipe dirigeante finalise, c’est à dire oriente la stratégie de l’entreprise, anime par un certain style de commandement, organise la structure et son fonctionnement et enfin contrôle les résultats.

La motivation

Elle est définie comme étant  » l’ensemble des impulsions, des désirs, des besoins, des préférences, qui incitent une personne à réagir favorablement « .

La motivation est donc étroitement liée au comportement d’un individu.

  • Une personne motivée fournira sans doute une meilleure performance et pourra être récompensée par conséquent. Pourquoi ?
  • Choisir la récompense appropriée est souvent assez difficile. Pourquoi ?

Pour certains ==> une hausse de salaires

Pour d’autres ==>un voyage

D’autres encore ==> un beau bureau….

Plusieurs théories ont été développées pour mieux cerner cette notion.

a.théorie des Besoins de Maslow

la direction théorie des Besoins de Maslow
  • Besoins physiologiques: Besoins fondamentaux de survie / l’eau, lesommeil, les aliments, la chaleur, l’abri, l’argent…
  • Besoins de sécurité: Besoins de protection contre des forces physiques etpsychologiques/ le danger de perdre son emploi, la peur d’un accident au travail, la crainte d’être malade…..
  • Besoins sociaux: Sentiment d’appartenance à une collectivité; besoin d’êtreaccepté par les autres, la recherche de relations interpersonnelles.
  • Besoins d’estime: Une fois les besoins sociaux comblés, l’individu tenterad’être reconnu, d’avoir un certain pouvoir sur les autres, d’être apprécié et respecté.
  • Besoin de réalisation de soi: Besoin d’accomplissement personnel c’est àdire de la capacité d’exercer sa propre créativité.

Dans la société actuelle, les besoins primaires jouent un rôle mineur pour plusieurs personnes. Les théoriciens stipulent que les besoins secondaires doivent être considérés comme plus appropriés pour motiver les personnes dans leur travail.

 » Peaple in organisations  » La gestion moderne : théorie et cas.

Cette théorie a contribué, de façon significative, à comprendre et à détecter les différentes motivations des individus au travail.

La découverte de Maslow a été de comprendre:

  • Qu’aucun des désirs n’est absolu, dès que l’un deux est satisfait, il cesse d’être important ;
  • Quand un besoin est satisfait, un autre surgit et se substitue au précédant.

Comment satisfaire les besoins secondaires

  • Besoins sociaux
  • Promouvoir l’esprit d’équipe;
    • Organiser des rencontres régulières avec les subordonnés;
    • Assigner les tâches nécessitant des rapports interpersonnels….
  • Besoins d’estime
  • Offrir des tâches présentant des défis réels;
    • Déléguer plus d’autorité;
    • Faire participer les subordonnés à l’élaboration des objectifs;
    • Encourager les subordonnés et reconnaître leur travail….
  • Besoins de réalisation de soi
  • Promouvoir la créativité et l’innovation;
    • Donner des tâches nécessitant l’utilisation des compétences diverses/ intellectuelle, artistique…
  • La théorie des deux Facteurs de Herzberg

Cette théorie suppose l’existence de deux classes d’éléments motivants:

  • Des facteurs d’insatisfaction ou d’hygiène principalement reliés à l’environnement même où s’effectue le travail. / Sécurité de l’emploi, Salaire,

Conditions                de                 travail,                 Relations                interpersonnelles….

Ce sont des facteurs qui ne déclenchent pas la motivation s’ils sont satisfaits mais engendrent l’insatisfaction s’ils sont absents. L’absence d’hygiène nous expose à la maladie mais y recourir ne garantit pas la santé.

  • Des facteurs de satisfaction ou de motivation principalement liés au travail lui même. / Sentiment d’achèvement, progression, possibilité de promotion,

accomplissement, intérêt du travail, responsabilité… Ce sont des facteurs qui déclenchent véritablement la motivation.

Pour Herzberg, les facteurs d’insatisfaction peuvent être éliminés par de bonnes conditions de travail, une bonne rémunération… et les facteurs de motivation peuvent être assurés par l’enrichissement et l’élargissement des tâches.

Ces théories ont été critiquées car elles supposent qu’il existe une façon unique et universelle de motiver tous les travailleurs.

3. Les théories du Processus de la Motivation

Elles tiennent compte des facteurs situationnels et des particularités de la personne.

a/- La théorie des attentes de VROOM

La motivation de l’individu est fonction de:
·   L’effort fourni afin d’atteindre un certain rendement
·   La probabilité d’obtenir une récompense
·   L’importance accordée à la récompense

Attente: probabilité que les effortsentraîneront une amélioration du rendement et par la même une récompense qui a une utilité relative à l’individu

b/- La théorie de L’EQUITE

L’équité  des  gains  que  retire  un individu de la relation d’échange avec son entreprise se réalise à travers la comparaison de son rapport   inputs/ outputs  à celui de ses collègues au travail.

L’individu offre une force de travail à l’organisation sous forme d’inputs /le temps de travail,le degré d’engagement dans le travail,la créativité…Il s’en dégage un output sous forme de salaire, d’emploi stable, de formation, d’avancement…

L’individu ne peut être motivé que s’il a le sentiment d’équité c’est à dire l’équilibre entre son rapport inputs/outputs et celui de ses collègues.

Le rapport input/output se mesure par le gain que l’individu retire par rapport à sa contribution

Pouvoir et style de la direction

Les dirigeants sont investis d’un pouvoir formel qui leur permet d’agir sur le comportement des autres membres de l’organisation. Pour que ces derniers acceptent de se soumettre à un tel système de pouvoir, il faut qu’ils

en reconnaissent la légitimité. La manière dont les dirigeants mettent en œuvre leur pouvoir et exercent leur style de direction constitue un déterminant essentiel de leur légitimité.

Haute Performance, Charles Garfield édition Hachette1991

1.pouvoir et la Légitimité

On peut définir le pouvoir comme étant  » la capacité d’influencer le comportement

des autres et de les contrôler « . Pourquoi un individu obéit-il aux ordres qu’il reçoit ? Les subordonnés acceptent les ordres parce qu’ils croient qu’ils sont légitimes.

L’analyse de M. Weber est une réflexion sur la légitimité du pouvoir et avance qu’elle a cinq sources possibles :

  • La légitimité elle même ou pouvoir légitime: Est basée sur l’autoritéofficielle détenue par un gestionnaire dans une organisation / un parent, un agent de police, un professeur, un juge ont tous un pouvoir légitime sur nous.
  • La légitimité charismatique ou pouvoir charismatique: Est la capacitéd’influencer les autres grâce à une forte personnalité et à l’admiration suscitée chez l’entourage. Ce pouvoir fait naître chez les subordonnés un désir d’identification au gestionnaire. C’est donc un pouvoir issu des personnes et lié aux facteurs émotionnels que leurs personnalités est capable de susciter.
  • La légitimité issue de l’expertise ou pouvoir d’expertise: Est reliée à la

compétence, aux connaissances et à l’habilité d’un individu. Les membres de l’organisation reconnaissent les compétences techniques, professionnelles, relationnelles ou autres … lui conférant ainsi le droit de les influencer. Un médecin, un avocat, un informaticien détiennent un pouvoir d’expertise incitant les autres personnes à les suivre.

  • La légitimité issue de la fonction ou pouvoir légal: S’appuie sur un droitabstrait et impersonnel. Pour Weber, cette légitimité caractérise les organisations bureaucratiques où les objectifs et les moyens sont clairement établis, les compétences et les rémunérations biens définies, la hiérarchie claire et acceptée,ce qui élimine ainsi tout risque d’incertitude.
  • La légitimité issue de la force ou pouvoir coercitif: Est basée sur lacrainte, les sanctions, le contrôle et la supervision systématique des subordonnés.

Le Pouvoir de récompense: Est la capacité de donner quelque chose à unepersonne pour avoir agi de façon favorable/ promotion, augmentation de salaire… La récompense peut aussi être psychologique en/ approuvant le travail, en faisant des éloges à l’employé…Ce pouvoir n’est efficace que lorsque le subordonné est conscient que son supérieur possède l’autorité requise.

Remarque:

Le pouvoir coercitif et le pouvoir de récompense peuvent être jumelés et adopter ce que l’on appelle Système Sanctions/Récompenses.

« Le schéma classique du patron propriétaire n’est qu’un cas particulier d’une réalité beaucoup plus complexe. Le pouvoir d’un dirigeant est l’expression d’un rapport de forces à un moment donné, résultant d’influences internes et d’influences externes à l’entreprise. Parmi les détenteurs d’influence, figurent, en premier lieu, les propriétaires du capital puis, en un deuxième lieu, les fournisseurs, les clients, les

pouvoirs publics… Entre ces différents détenteurs d’influence peuvent se nouer des relations traçant les contours du pouvoir réel exercé par les dirigeants. Ainsi le patron d’une entreprise sous-traitante est largement dépendant

de son client, donneur d’ordre ; Le directeur d’un établissement public peut se heurter à l’opposition de ses salariés qui chercheront à faire pression sur lui par l’intermédiaire de

son ministère de tutelle… L’autorité formelle est donc nécessaire mais non suffisante. Le savoir, les compétences, la prise de décision… sont autant de sources de pouvoir qu’un dirigeant doit savoir mobiliser pour asseoir son autorité au sein de l’organisation et vis à vis des acteurs externes. A défaut, et bien qu’il soit légitime en droit, le dirigeant risque de voir son autorité contestée dans l’entreprise. »

 » Quel pouvoir détenir dans son entreprise ?  » Revue Française de Gestion 1999

Essentiel à retenir

RETENEZ QUE

L’un des rôles les plus importants du gestionnaire est de faire accomplir le travail

par ses subordonnés. L’école classique préconisait que le travailleur peut être motivé par des stimulants économiques.

Aujourd’hui, pour qu’un employé donne sa meilleure performance, il doit vouloir

faire le travail. Le rôle principal du gestionnaire est donc de créer un environnement qui permette à ses subordonnés de se motiver eux même.Le gestionnaire doit donc être capable de comprendre les sources de motivation de ses subordonnés.

Maslow, par sa théorie des besoins, stipule que les besoins humains suivent uneséquence ascendante.

Herzberg soutient que les besoins des individus sont regroupés en 2 catégoriesprincipales: de satisfaction et d’insatisfaction et qu’ils ne sont satisfaits que par l’enrichissement et l’élargissement des tâches individuelles.

Vroom introduit la notion d’attentes dont la motivation est fonction de l’effortfourni, de la probabilité d’être récompensé et de l’importance de cette récompense pour l’individu.

La théorie de l’équité fait que l’individu ne peut être motivé que s’il trouve unéquilibre entre son rapport input/output et celui de ses collègues.

L’autorité des dirigeants est fondée sur une légitimité qui explique pourquoi les individus obéissent aux ordres qu’ils reçoivent.Cette légitimité peut avoir différentes origines :

  • La légitimité charismatique fondée sur les caractéristiques exceptionnelles du dirigeant.
  • La légitimité légale fondée sur un droit abstrait et impersonnel donnant une autorité formelle.
  • La légitimité issue de l’expertise fondée sur la compétence et les habilités des individus.
  • La légitimité basée sur l’autorité officielle détenue par le dirigeant.
  • La légitimité coercitive et récompensante basée sur le Système Sanctions / Récompenses.

Le pouvoir dans les organisations ne se limite pas à l’autorité de ses dirigeants mais à différentes influences formelles ou informelles émanant d’acteurs internes et

externes à l’entreprise. Le style de direction est une composante essentielle de l’efficacité de l’organisation incitant à se poser la question du mode idéal de management.On distingue deux grands types de styles:

  • Le style à dominante participative,
  • Le style à dominante autoritaire

Le style de direction résulte de la confrontation du :

  • Système de valeurs du dirigeant

*Macgregor qui encourage fortement la gestion participative

*Black et Mouton qui montrent différents styles de gestion axés d’une part sur la production et d’autre part sur l’aspect humain.

*Tonnenbaum et Shmidt qui indiquent l’importance pour le gestionnaire d’adopter un style qui lui permettra d’agir le mieux possible dans différentes situations.

  • Attente des subordonnés
  • Caractéristiques de la situation.

L’efficacité d’un style de direction n’est donc pas liée seulement à la personnalité du dirigeant mais aussi à d’autres variables telles que la structure et le mode organisationnel de l’entreprise, son environnement, sa culture, les attentes et l’attitude des subordonnés…

Bibliographie

  • L’entreprise Libérée » T. PETERS, édition DUNOD 1993.
  • L’entreprise Réinventée » les éditions d’ORGANISATION, 1995.
  • Organisation et Gestion de l’Entreprise » édition NATHAN , 1997. « Economie

et Gestion de l’Entreprise » C.BUSSENAULT et M.PRETET édition VUIBERT, 1995.

« La Gestion Stratégique d’Entreprises» M. COTE,      édition G.MORIN, 1995.

  • Le Chaos Management » T.PETERS, inter édition, 1992.
  • Haute Performance » C.GARFIELD, l’Expansion HACHETTE, 1992.
  • La Stratégie » M.MARCHESNAY Collection MARKETING et STRATEGIES , CHOTARD et ASSOCIES , éditeurs 1986.
  • La Gestion Dynamique : Théories et Cas » P.BERGERON, édition G.MORIN,1995.

Encyclopédie de l’Economie et de la Gestion, édition HACHETTE 1994.

Dictionnaire de l’Economie et des Sciences Sociales J.Y CAPUL et O.GARNIER, édition HATIER , 1996.

Dictionnaire de l’Economie et des Sciences Sociales C.D ECHAUDEMAISON, édition NATHAN 1993.

Revues Tunisiennes:

  • L’Economiste,
  • Le Manager,
  • L’Expert,
  • La Revue de l’Entreprise.

Revues Etrangères:

  • Le Dirigeant,
  • Capital,
  • Management.

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