Le temps de la maturité s’amorce enfin pour l’e-learning (2005)

Il faut reproduire en ligne les situations pédagogiques qui marchent

Seulement 2% des entreprises françaises auraient opté pour l’e-learning. Quels sont les facteurs favorisant l’adoption ou le rejet de ce mode de formation ? Quelles sont ses plus récentes évolutions ? (30/05/2005)

Alors que seulement 2% des entreprises françaises ont aujourd’hui opté pour l’e-learning – selon une étude menée début 2005 par Accountemps Intérim auprès de 1 500 directeurs financiers et DRH internationaux -, la question se pose de savoir quels critères favorisent aujourd’hui l’adoption – ou le rejet – de cet outil de formation.

“Tous les cours ne peuvent être mis en ligne. L’e-learning est particulièrement bien adapté aux connaissances pures, telles que les langues, les outils bureautiques, le droit, l’anatomie”, explique Eric Labouchet, chef de projet e-learning et Web à l’INSEP (Institut National du Sport et de l’Education Physique)

La plate-forme d’enseignement à distance mise en oeuvre à l’INSEP vise les sportifs de haut niveau qui, pendant leur vie de sportif, se forment, depuis les études secondaires jusqu’au CAPES, en passant par les masters et les concours pour devenir professeur de sport.

“Ce qui nous facilite grandement la vie est par ailleurs l’utilisation du logiciel Didactinet, qui permet de médiatiser des documents Powerpoint existants en y intégrant du son, de la vidéo et du Flash, tout en paramétrant le mode de navigation de l’apprenant”, ajoute Eric Labouchet, qui a basé sa plate-forme d’enseignement à distance sur les solutions de l’éditeur Syfadis. Un virage que l’éditeur Macromedia a su également prendre en lançant son produit Breeze, qui permet à l’entreprise de fabriquer toute seule ses contenus à partir de n’importe quel document Powerpoint.

Pour Pierrre Boudignon, P-DG de la société Just a Link, les outils sont importants, mais le contact avec l’apprenant reste la priorité des priorités. Sa méthode repose donc sur un mariage des deux. “Nous utilisons exclusivement le partage d’applications – en mode Web-conférence – et l’appel téléphonique. Le coté dynamique et interactif – en mode synchrone – permet de sentir le niveau de son stagiaire alors que les QCM restent grossiers”, déclare le dirigeant.

Confronté à une baisse des effectifs formés et à une forte pression concurrencielle, le centre de formation agricole de la Chambre d’agriculture du Morbihan a quant à lui récemment restructuré son offre, la découpant en trois parties distinctes : apprentissage en autonomie, en présentiel et en situation professionnelle.

Le temps de la maturité s’amorce enfin pour l’e-learning (2005)

“Nous avons affaire à des profils de populations très différents, éloignés géographiquement. Nous leur proposons de l’autoformation semi-présentielle soit sur leur siège d’exploitation, soit dans des points formation, avec toujours plus de souplesse. Il suffit pour cela d’une simple connexion Internet”, note Claire Lapouble, en charge de la commercialisation du dispositif de formation de la Chambre d’agriculture du Morbihan.

Le témoignage de Claire Lapouble est instructif à plus d’un titre. Il montre notamment la nécessité de reproduire en ligne les situations pédagogiques les mieux adaptées aux besoins des candidats à la formation, celles qui marchent.

“Il faut utiliser chaque type d’outil pour ce qu’il apporte dans la relation d’apprentissage, dans une démarche de pédagogie mixte, incluant des jeux d’entreprise – pour les aspects marketing, finance ou comportementaux -, de la simulation – très adaptée au déploiement d’applications -, du multimédia, de l’autoformation, des classes virtuelles lors de conférences Web – pour les phases de débriefing ou pour recueillir le savoir des gourous -, etc.”, commente Jean-Jacques Bouet, expert e-learning chez Oracle France.

L’e-learning sort de la phase d’adolescence, il devient plus adulte. On le voit tout d’abord au fait qu’un tiers de nos clients nous sollicitent pour des services hébergés, ce qui prouve qu’ils veulent des solutions légères pour des projets concrets. De plus, ce sont désormais plutôt les directions opérationnelles qui mettent en ouvre et financent les projets de formation, et non les DSI. Enfin, nos partenaires intégrateurs intègrent de plus en plus Oracle i-Learning comme moyen d’accompagnement du changement dans le déploiement de projets applicatifs, ce qui prouve qu’on peut former l’utilisateur final avec ces solutions”, conclut Jean-Jacques Bouet.


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