Les méthodes – Modèles – d’enseignement

Modèle d’enseignement

Un modèle d’enseignement est une représentation fonctionnelle et simplifiée, un agencement spécifique d’activités et d’interventions, fondé sur une conception particulière de l’étudiant, de l’apprentissage et du but de l’éducation. Il constitue un guide pour l’élaboration des contenus de cours, pour le choix des méthodes d’enseignement, pour le choix des activités et du matériel pédagogiques et pour l’animation des interactions entre les élèves et l’enseignant .

Les modèles  d’enseignement (Joyce et Weil (1972)

1. Les modèles qui mettent laccent sur la personne humaine.

Inspirés de la philosophie et de la psychologie humanistes, ils prônent le développement intégral de l’élève, le respect de ses besoins, de son rythme et de son style d’apprentissage. L’apprentissage est vu comme un processus continu et omniprésent, scolaire et non scolaire, délibéré et naturel, dirigé et autogéré. Les méthodes d’enseignement reposent sur  la non directivité et la créativité, comme lapprentissage par la découverte, la pédagogie du projet ou les contrats dapprentissage. Une des figures les plus représentatives de cette tendance est Carl Rogers.

2. Les modèles qui mettent laccent sur les interactions sociales.

La valeur mise de l’avant est l’éducation à la démocratie et à la responsabilité de citoyen. Le but principal de l’école est de contribuer au développement du sens social et des habiletés propres aux relations interindividuelles. Ces modèles prônent l’utilisation du vécu social comme source des contenus et un fonctionnement démocratique en classe.
Les méthodes d’enseignement font largement appel au travail en équipe et aux échanges de groupe, comme lapprentissage coopératif ou lenseignement par les pairs, à l’étude de cas réels, à la résolution de problèmes dactualité complexes et à la créativité appliquée. Une des figures les plus représentatives de cette tendance est John Dewey.

3. Les modèles qui mettent laccent sur les processus cognitifs.

Inspirés des modèles du traitement de l’information qui prennent leur source dans les sciences cognitives (neuropsychologie, informatique, intelligence artificielle), ils prônent le développement des compétences « génériques» fondamentales qui sont à la base de l’apprentissage autogéré et de l’adaptation personnelle, comme les habiletés langagières, les concepts, les stratégies d’apprentissage, les stratégies de résolution de problème, etc. Les méthodes utilisées sont surtout l’étude de cas et la résolution de problème, lenseignement conceptuel et lenseignement stratégique. Une des figures les plus représentatives de cette tendance est Jérôme Bruner.

4. Les modèles qui mettent laccent sur la technologie de linstruction.

Inspirés des conceptions behavioristes de l’apprentissage, ils prônent la modification des comportements par le conditionnement de comportements positifs et valorisants pour soi et l’environnement. Ils se caractérisent par un environnement éducatif très structuré et très directif (les objectifs, les moyens, les modes d’évaluation, les renforcements et les rétroactions sont prédéterminés). Lenseignement programmé et lenseignement assisté par ordinateur en sont les représentants les plus typiques. Une des figures les plus représentatives de cette tendance est Burrhus Skinner.

Aucun modèle d’enseignement n’est parfait en soi. Aucun ne peut satisfaire totalement la grande diversité des besoins de formation et des situations éducatives. Il ne faut donc pas se limiter à un seul modèle. Les différents modèles ont des complémentarités intéressantes, ils permettent d’atteindre différents buts pour différents apprenants, d’où la nécessité pour un enseignant professionnel de connaître un répertoire étendu de modèles et de les utiliser avec souplesse en fonction des différentes situations rencontrées

Les méthodes d’enseignement se distinguent par de multiples paramètres selon qui est l’acteur principal (l’enseignant ou l’élève), qui est l’agent principal de l’apprentissage (le groupe ou le média d’apprentissage), qui contrôle les objectifs et les activités d’apprentissage (l’enseignant ou l’élève), et selon la nature du contenu et des activités de l’apprentissage (des connaissances, des cas, des problèmes).

La typologie des méthodes d’enseignement

La typologie classique distingue six catégories de méthodes d’enseignement :

  1. Les méthodes expositives (ex: le cours magistral): l’apprentissage se fait par absorption des connaissances transmises.
  2.  Les méthodes démonstratives: l’apprentissage se fait par imitation d’un modèle.
  3. Les méthodes dentraînement (drill): l’apprentissage se fait par la reproduction et la répétition de connaissances et de procédures.
  4. Les méthodes interrogatives (la méthode socratique ou maïeutique): l’apprentissage se fait par la recherche de réponses à des questions soigneusement enchaînées par l’enseignant.
  5. Les méthodes de redécouverte guidée: l’apprentissage se fait par l’expérimentation directe ou simulée.
  6. Les méthodes de découverte (projet): l’apprentissage se fait par la recherche et la création.

http://web2.uqat.ca/profu/textes/enseign/01choisi_strat.html

Autre typologie des méthodes d’enseignement

Les méthodes d’enseignement peuvent être catégorisées en cinq groupes:

1- Méthode d’enseignement direct;

2- Méthode d’ enseignement indirect;

3- Méthode d’ enseignement interactif;

4- Méthode d’ étude ou pratique indépendante;

5- Méthode d’ apprentissage expérientiel.

http://www.sasked.gov.sk.ca/docs/francais/edphysique/secondaire/method.html

L’enseignement direct:

L’enseignement direct est fortement axé sur l’enseignante ou l’enseignant.

Exemples:

Mini-exposé (enseignement magistral)

Exercices d’entraînement

Comparaison

Démonstrations

Activités de pré-lecture, pré-écoute et pré-projection

L’enseignement indirect:

est une stratégie axée sur l’élève. Les méthodes d’enseignement indirect sont très efficaces lorsque:

non cherche à faire réfléchir;

non cherche des résultats touchant les attitudes, les valeurs ou les relations interpersonnelles;

la démarche est aussi importante que le produit;

l’accent est mis sur une compréhension personnalisée et sur la rétention à long terme des concepts ou des généralisations;

il s’agit de développer la capacité de poursuivre sa formation durant toute sa vie

Exemples:

Résolution de problèmes

Techniques de lecture

Discussion guidée

Réflexion personnelle

Schéma conceptuel

Acquisition de concepts

L’enseignement interactif:

s’adresse à des groupes d’apprenantes ou d’apprenants. Avant de se mettre à l’ouvrage, les membres du groupe doivent savoir ce que l’on attend d’eux, de combien de temps ils disposent pour mener leur tâche à bien, et quelles sont les critères et les méthodes d’évaluation.

Pour que cette stratégie soit efficace dans le cadre d’Éducation physique 20 et 30, les élèves doivent pratiquer certaines habiletés de dynamique de groupe, dont le respect d’autrui, l’écoute active, de même que comment consigner et communiquer des résultats.

exemples

Pratique avec les pairs

Groupes d’apprentissage coopératif

Discussions ouvertes

Tables rondes

Entrevues

Étude et pratique indépendante

On entend par étude et pratique indépendantes, la gamme de méthodes d’enseignement qui encouragent chez l’élève l’initiative personnelle, la confiance en soi et l’autoperfectionnement. L’étude et la pratique indépendante peuvent consister à apprendre en coopération avec un autre élève ou au sein d’un petit groupe; elles comprennent également les activités entreprises par un élève seul.

Exemples:

Contrats d’apprentissage

Devoirs

Projets de recherche

Apprentissage et pratique autonome

Enseignement assisté par ordinateur

Apprentissage expérientiel:

est axé sur l’élève; met l’accent sur la démarche, et non sur le résultat;

favorise beaucoup la compréhension et l’assimilation; motive davantage les élèves en faisant appel à leur participation active et en leur demandant de décrire mutuellement ce qu’ils font; procède par induction (à partir d’illustrations ou d’exemples, on tire une règle, un concept ou une généralisation); repose sur l’activité; amène l’élève à réfléchir sur une expérience et à appliquer ses conclusions à d’autres contextes;

comprend trois étapes:

la préparation (amorce, objectifs, règles de conduite, introduction du vocabulaire essentiel, etc.),

l’expérience (l’élève fait une activité),

l’objectivation (le partage, l’analyse, l’inférence et l’application de l’information).

Exemples:

Jeux

Activités d’exploration

Visualisation guidée

Excursions

Sondages

définition de la stratégie 

nétant d’une part une description complète de la manière dont devrait se comporter l’enseignant ou l’élève dans une situation de pédagogique en vue de la réussite dans la tâche  assignée à chacun.

stratégie d’enseignement

Berger-Brunwig présente la stratégie d’enseignement comme manière dont l’enseignant ou les élèves vont agencer les ressources, utilisant les contraintes ou résister, donc en définitive la stratégie d’enseignement est la manière d’organiser les différents composants.

stratégie d’apprentissage

  • Choisir une stratégie d’enseignement consiste maintenant à planifier l’ensemble des méthodes et des moyens spécifiques d’enseignement qui seront utilisés pour atteindre les objectifs d’apprentissage visés par un cours donné dans une discipline donnée, à un niveau scolaire donné et pour des élèves précis.

Quelques principes fondamentaux pour l’élaboration dune stratégie denseignement.

  • Une stratégie d’enseignement doit être planifiée après une étude minutieuse de la situation pédagogique et avant celle-ci.
  • Une même stratégie d’enseignement ne peut convenir à toutes les disciplines, matières, objectifs et contenus d’apprentissage.
  • Chaque stratégie devrait trouver le moyen de respecter les différences individuelles d’apprentissage (besoins et caractéristiques).
  • La répétition trop fréquente d’une même stratégie d’enseignement peut entraîner un effet de saturation et de rejet..

stratégie d’enseignement

Stratégies directes Stratégies indirectes: Stratégies interactives Stratégies expérientielles Stratégies indépendantes:
(questions didactiques, exposé, démonstration, vue d’ensemble, activités de pré-lecture) (enquête, étude de cas, schéma conceptuel, exercice de closure, résolution de problèmes) (débat, jeu de rôle, groupes coopératifs, entrevue, discussion, résolution de problèmes) (excursion, expérience, simulation, jeu, élaboration de modèles, synectique) (rapport, contrat, devoirs, projet de recherche, centres d’apprentissage, ordinateurs)

 Etapes d’une situation d’enseignement et d’apprentissage

  • Dans la plupart des modèles, une séquence d’enseignement typique se déroule selon un processus en quatre étapes. Une stratégie d’enseignement efficace doit prévoir chacune de ces étapes, mais pas nécessairement au cours d’une même période
  • 1.    L’introductionaccueilmise en situation engagement amorce : c’est l’étape de motivation. C’est une étape cruciale qui consiste à capter l’attention des étudiants et à leur donner le goût de s’engager dans l’activité d’apprentissage proposée. Il s’agit de beaucoup plus qu’annoncer le thème de la période : l’enseignant doit montrer l’intérêt de faire cet apprentissage, lui donner du sens, en démontrer la pertinence avec des arguments significatifs au regard des étudiants, le relier aux apprentissages antérieurs, et stimuler la curiosité et le désir d’apprendre.
  • 2.    L’activité dapprentissageexpérimentation exercice problème projet : c’est l’étape où se font vraiment l’acquisition des connaissances et le développement des habiletés visées. Selon le cas, l’apprentissage se fait par le truchement d’un exposé, d’une lecture, d’un jeu, d’une discussion, d’une résolution de problème, d’une recherche, etc. L’enseignant encadre cette activité d’une façon plus ou moins directive en fonction du niveau d’autonomie des étudiants : avec des étudiants immatures, impulsifs et égocentriques, une activité très organisée avec le moins d’alternatives possibles; avec des étudiants dépendants de l’autorité, des règles claires, mais un encouragement progressif à l’indépendance; avec des étudiants matures, indépendants, confiants en eux-mêmes et capables de poser des questions, peu de pression normative, un choix d’options, plus d’autonomie et une incitation à la créativité.
  • 3.    L’objectivationréflexion : c’est l’étape où s’effectuent la prise de conscience et l’appréciation de ce qui a été appris avec l’étape précédente. Cette étape de retour et de réflexion sur l’information apportée et sur l’expérience vécue est importante car elle permet à l’étudiant de sentir qu’il apprend et progresse et lui permet de développer un sentiment de compétence. La présentation des travaux réalisés, le partage des expériences vécues en groupe favorisent réflexion et valorisation.
  • 4.    Le réinvestissementtransfert des acquisdémonstration de la compétence : c’est l’étape où l’étudiant montre qu’il a compris et appris en appliquant ses connaissances de façon pertinente dans un contexte approprié.

Les styles d’enseignement

En éducation, depuis les célèbres expériences de Lewin, Lippit et White (1939) sur les styles de commandement, ce concept est relativement familier. Le style serapporte à la manière personnelle d’établir la relation avec les élèves, de gérer une classe ou un groupe d’apprentissage, sans préjuger des méthodes ou des techniques mises en oeuvre.

  •  style d’enseignement, manière particulière d’organiser la relation enseignantenseigné dans une situation d’apprentissage;
  •  stratégie d’enseignement, ensemble de comportements didactiques coordonnés ( ex. exposé, démonstration, débat…) en vue de faciliter des apprentissages déterminés.

La grille THERER-WILLEMART

La grille THERER-WILLEMART

Comment choisir un style d’enseignement?

Quatre critères doivent être retenus :

1°) La nature des objectifs à atteindre;

2°) Le degré de motivation des étudiants;

3°) La capacité des étudiants.

4°) Le style d’apprentissage des étudiants.

Le style d’enseignement, c’est la manière d’organiser
l’interaction entre l’enseignant et les apprenants.

  • On ne peut pas hiérarchiser les styles d’enseignement : le choix d’un style
    dépend des objectifs, du temps disponible, des apprenants, …
  • Chaque style d’enseignement peut se révéler plus ou moins efficace en
    fonction de critères didactiques dûment définis.
  • Il n’y a donc pas qu’UNE bonne façon d’enseigner les sciences …
  • En conséquence, utilisons, à bon escient, TOUS les styles

Les styles D’APPRENTISSAGE

le style d’apprentissage d’un individu, c’est son mode personnel de saisie et de traitement de l’information. En pratique, et en d’autres termes, le style d’apprentissage c’est donc la manière préférentielle d1aborder et de résoudre un problème.

Cette définition, délibérément succincte, appelle quelques commentaires.

  1. Enseigner n’est pas synonyme d’apprendre. Les styles d’enseignement désignent des modalités de la communication didactique; les styles d’apprentissage sont des modalités de résolution de problèmes.
  2. Le style d’apprentissage et le style cognitif sont des concepts distincts, même s’ils sont souvent confondus. Pour les puristes, le style cognitif est inné et stable tandis que le style d’apprentissage résulte de l’inné et de l’acquis et peut donc évoluer par l’expérience.
  3. Les styles d’apprentissage ne sont pas l’expression d’une typologie rigide qui prétendrait classer les individus en catégories strictes (à l’instar des typologies classiques). En fait, ils ne reflètent qu’un aspect particulier de la complexité des personnes.
  4. On ne peut hiérarchiser les styles d’apprentissage. Tout comme dans le domaine sportif, il n’existe pas de relation univoque entre le style et la qualité de la performance.

QUEL EST VOTRE STYLE D’APPRENTISSAGE DOMINANT? 

QUEL EST VOTRE STYLE D APPRENTISSAGE DOMINANT

Grille ISALEM (1994) , inspiré de KEEN et Mc KENNEY (1976 et de KOLB (1984)

Le style d’apprentissage dominant, c’est la manière préférentielle de résoudre un problème.

Nous utilisons les quatre styles de base, mais 75 % des gens ont un style dominant.

On ne peut pas hiérarchiser les styles d’apprentissage : leur efficacité spécifique varie en fonction des circonstances …

Il n’y a donc pas UNE bonne façon d’apprendre ou de résoudre un problème …

En conséquence, nous sommes différents, mais complémentai

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